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J’avais cédé à Doris Ahreit qui m’avait proposé d’aller jouer chez elle, au bloc, à cent mètres de notre maison, du même côté de la route. J’aurais bien dit non, parce qu’il me semblait que je n’avais pas le droit, mais je ne pouvais pas lui dire que je n’avais pas le droit. Elle ne m’aurait pas crue, surtout que j’en avais envie.

Je ne m’amusais pas. Ça faisait une dizaine de minutes qu’on était chez elle et je sentais qu’il fallait être à la maison. Quand je suis rentrée, maman me cherchait. Elle a fermé la porte de la clôture devant moi pour me faire honte, et elle a dit: « Regarde, à cause de toi je dois fermer, comme pour une petite fille. »

 

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 Un nouveau est arrivé à Saint-Louis La Chaussée. Il s’appelait Jean Di Biase. Au début les Di Biase habitaient dans le même bloc que les Ahreit. Jean Di Biase a insisté alors je suis aussi allée jouer avec lui. Pas longtemps.

Maman était mécontente. C’était qui celui-là ? On a longtemps dit Didiase.

 Peu après les Di Biase ont construit une maison juste à côté de nos voisins les Bientz. Jean Di Biase voulait jouer avec moi, il venait dans le jardin.

Maman n’aimait pas tellement Jean Di Biase.

 

 

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 Il était au bord du jardin entre les deux hangars des Bientz. Il regardait la bosse de ma braguette et il ne voulait pas croire que je n’étais pas un garçon. Mais moi c’était juste la fermeture qui faisait la bosse.

On n’a plus joué ensemble.

Le soir je m’entraînais au foot dans le jardin. Je faisais un match toute seule. Je courais dans un sens et je marquais un but, et après dans l’autre sens. J’avais vu « Tom foot » à la télé. Ils disaient « dribbler », il fallait savoir bien dribbler. Je pensais que ça voulait dire qu’on courait et qu’à chaque pas on passait la balle d’un pied à l’autre pied. et j’ai presque réussi à le faire.

J’aimais surtout transpirer. Quand Etienne jouait au basket, ses cheveux blonds très courts étaient tout mouillés. Il avait un beau crâne, comme un grain de raisin italia.

Les garçons se sont mis à jouer au foot à l’école, l’après-midi, avant le début de la classe et à la récréation. J’avais le droit de jouer.

Un jour maman a dit que je devais mettre une robe et elle n’a pas cédé. Gérald, un nouveau court sur pattes et très excité, m’a vue avec la robe et a refusé que je joue. Au lieu de dire « non, t’es une fille » il a dit « non t’es fille ». J’ai trouvé cette façon de tourner la phrase très primaire.

 

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***

 A l’école il y avait un nouveau qui s’appelait Thierry qui habitait aussi dans le bloc des Ahreit. Il avait un an de plus que moi. On faisait le même trajet pour aller à l’école. J’étais amoureuse. Le soir il fallait que j’aille acheter le pain avant de rentrer, et c’était dans l’autre sens par rapport à la maison. Je courais pour aller à la boulangerie et je courais au retour pour rattraper Thierry qui marchait avec les filles Ahreit. Souvent il restait à peine quelques mètres à marcher ensemble.

Avant d’aller à la boulangerie je passais dans la classe de papa pour qu’il me donne l’argent. Il farfouillait dans le tiroir de son bureau à la recherche de pièces de vingt centimes, et le temps qui filait ! Un jour en hochant la tête il m’a montré une lettre d'amour qui se trouvait dans le tiroir. La lettre était pour Thierry. C’était Nadine Rich, une nouvelle, qui l’avait écrite. J’avais honte pour elle. Une lettre d'amour ! Elle disait «Je t’aime. Je sais que beaucoup le pensent mais qu’elles n’osent pas le dire». Papa a fait remarquer : «C’est quand même bien dit !» Je n’aurais pas voulu qu’on sache que j’étais amoureuse!

Quand j’étais arrivée à la maison, Thierry et moi on se séparait. On n’est jamais allés plus loin ensemble.


***

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Moi je rêvais de partir à la montagne. Je suis restée longtemps couchée sur mon lit, à fixer une photo de montagne dans le livre de Jean « La Passion de la montagne ». A force de fixer la photo les yeux écarquillés, je finirais bien par verser une larme, les parents viendraient et comprendraient tout. Papa est enfin monté dans la chambre. Il a entrouvert la porte, m’a regardée, et a demandé en riant gentiment : «Tu aimes être une pauvre?»

J’aurais quand même voulu aller à la montagne. J’aurais habité dans un refuge, je serais montée au grenier par une échelle et j’y aurais dormi, dans le foin. Devant le chalet, une fontaine. Et des torrents ! J’aurais peut-être eu un short en cuir comme Mike Bargain, un petit chapeau pointu, et des chaussures de montagne !

Une fois j’ai reçu des chaussures de montagne. En réalité, c’étaient de simples chaussures d’hiver, mais des chaussures de montagne elles présentaient tous les attributs, des lacets tressés qu’on passait dans des crochets, d’épaisses semelles, et des boudins autour de la cheville. Je les avais tout de suite remarquées dans la vitrine. Ensuite, dans le magasin, j’avais habilement manœuvré pour que maman me les achète. On m’avait fait essayer plusieurs paires d’autres chaussures: «Trop petites », « trop grandes ». Les chaussures de montagne, elles, se sont magiquement adaptées à mes pieds.

Le lendemain on est allés au Mont Sainte Odile avec mes nouvelles chaussures. Ce jour figure dans la liste des plus beaux jours de ma vie. En plus il y avait un peu de neige et des sapins étaient sculptés sur le plat de mes semelles. Toute la journée mes chaussures ont mis mes pas dans ceux de Son Aventure; toute la journée j’ai accompli.

 

Ce n’était pas la beauté grandiose des cimes qui rendait la montagne si attirante, mais l’autarcie exigée et permise par des conditions de vie difficiles. Un chalet très haut dans la montagne, qui prend son eau directement à la source, qui se referme sous la neige avec un grenier plein de foin, une réserve où pendent des jambons la tête en bas, c’était une île déserte. C’était aussi un retour à autrefois, comme si à chaque fois qu’on montait de cinq cents mètres on retournait en arrière de cinquante ans.

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J’enviais le marcheur dans la montagne, à cause du sac à dos dans lequel il porte tout ce qu’il lui faut pour vivre ; c’est un beau moment du voyage celui où on fait la liste de tout ce qu’il faudra emporter, le sac qu’on remplit est comme une cabane qu’on aménage.

Ce n’était pas la puissance des torrents qui me séduisait, je ne pensais pas au large torrent du fond de la vallée qui charrie des eaux blanches au printemps et s’ennuie au fond de son lit trop grand l’été venu, non, ce que j’aurais voulu posséder, c’était l’eau luisante et noire qui glisse au ras du gazon, c’étaient, entourant le glacier, tous ces petits torrents qui se joignent, se séparent, se rejoignent et qu’on franchit d’un pas, dans un sens, et puis dans l’autre.

***

La clôture

 

A Saint-Louis la Chaussée c’est plat. Il n’y a qu’une vraie pente, un contrefort du Rhin. On quitte la maison par derrière, on traverse un champ hérissé de chaume où c’est difficile de marcher pieds nus dans les sandales et on arrive au bord d’une pente très raide où poussent des arbres. Corinne et moi on appelait cet endroit « le bosquet ». On n’avait pas le droit d’y aller.

La pente était tellement raide qu’il fallait se mettre à quatre pattes pour la remonter. On a joué à glisser le long de la pente sur les fesses. Après j’ai voulu épater Corinne, je suis descendue sur le ventre et je me suis égratignée sur les côtes, sous le sein gauche.

Il ne fallait pas raconter aux parents comment c’était arrivé. Au retour on est passées à côté du gros tas de cailloux qu’avaient fait les Bientz en construisant leur nouvelle maison. Je n’aurais qu’à dire que je m’étais fait mal en tombant de ce tas de cailloux. Pour que ce soit un peu vrai je suis montée au sommet du monticule et je me suis jetée en bas trois fois de suite, mais je n’arrivais pas à me blesser exprès.

C’est sur ce tas de cailloux que j’ai trouvé mon premier caillou remarquable. Il est noir, en forme d’œuf et il a comme des fleurs incrustées dessus, c’est peut-être un fossile. Peut-être aussi du goudron s’est-il déposé dessus, sauf aux endroits où des herbes étaient collées.

En rentrant j’ai montré le caillou, ça a fait passer l’histoire de la chute. J’ai soulevé ma chemise pour montrer ma blessure. Ça n’avait même pas saigné. Mais j’ai encore la cicatrice, comme un stigmate.

***

 

 

A l’école le maître nous avait appris qu’une source venait d’une grande poche où l’eau était retenue avant de rejaillir au flanc d’une colline. J’imaginais une petite grotte entourée de mousse d’où sortait un ruisselet. Corinne et moi on cherchait une source sur la pente du bosquet. On a vu des plantes inquiétantes, des « pieds de veau » dont l’unique pétale, vert absinthe, invagine le pistil brun et des hampes de baies rouges empoisonnées, mais on n’a pas trouvé de source.

Alors j’ai décidé de trouver la source du ruisseau de Waltenheim. Ce serait une exploration.

Le ruisseau de Waltenheim coule en contrebas de la maison de mamema. Il sépare le verger, qui descend, d’un champ, qui monte. Un printemps, le ruisseau est sorti de son lit et est monté jusqu’à la porte de la grange en haut du verger. Ce si petit ruisseau devenu gros comme un fleuve, comme j’aurais aimé voir ça ! Mais quand j’ai vu, le ruisseau s’était déjà retiré, il ne restait que la boue qu’il avait laissée sur son passage, une couche épaisse dans laquelle on perdait ses bottes.

Autrefois, au fond de son lit profond, sous le couvert d’une double rangée d’arbres, le ruisseau clapotait doucement à l’abri des bruits des champs, les voix des parents qui sèment, le va-et-vient entêté du tracteur qui tire la charrue ; à l'abri du soleil, dans l’ombre trouée d’éclats clairs, qui dansent, il chantonnait une chanson fraîche.

Maintenant les arbres sont coupés, le soleil balaye méthodiquement les champs exploités méthodiquement, les tracteurs ont grandi et le long du ruisseau exposé aux regards et comme simplifié, à la place des primevères, ne fleurit plus, parfois, que le plastique jaune d’un sac de floratorf oublié là.

 

Tout l’après-midi on avait joué à construire un barrage dans le ruisseau. Quand on entre dans l’eau avec les bottes, on sent le froid qui enveloppe les chevilles. On fait d’abord très attention à ne pas poser le pied dans une eau trop profonde, puis, uniquement absorbé par le barrage qui s’élève, on oublie toute retenue, tout à coup une botte est pleine d’eau. Parfois, même, on oublie qu’on est dans l’eau jusqu’à mi-mollet et pour arracher une pierre à la vase collante, on s’accroupit. Alors on se redresse vivement, comme ébouillanté : on s’est trempé les fesses dans l’eau. Après on est tout dégrisé.

 

Quand j’ai commencé mon exploration le soleil commençait déjà à décliner et ses rayons obliques illuminaient la vase au fond du ruisseau. Il y avait d’abord un barrage, un vrai, et une retenue d’eau où les enfants autrefois venaient se baigner et attrapaient la polio, a raconté papa. Pour continuer il fallait écarter des branches griffues et de grandes orties, je ne progressais pas vite. J’allais retourner sur mes pas quand j’ai vu un vrai pont du passé, en pierres, avec une arche ronde que ridaient les reflets de l’eau. Par l’arche je voyais le soleil presque couché maintenant. Autour de moi, tout baignait dans une lumière dorée. Je me suis accroupie dans l’odeur verte des orties écrasées et j’ai admiré. C’était tellement beau que mon corps s’est couvert de buée.

 

***

L’année suivante, papa qui savait qu’on aimait les ruisseaux, le feu, les primevères, nous a promis, à Corinne et à moi, de nous emmener le jour où Tonton Alphonse et lui couperaient des taillis et les feraient brûler à l’endroit où le ruisseau prend sa source. C’était au début du printemps quand la lumière est encore toute nue, avant les feuilles aux arbres. La source, c’était bien, mais ce n’était pas comme j’avais imaginé, c’était beaucoup plus confus. Ce n’était pas un orifice mais un marécage: un ruisseau ça commence dans une boue noire à demi dissimulée par cette herbe des endroits humides, si verte, si tendre en apparence qu’on ne peut se retenir d’en arracher une poignée, mais si dure qu’on s’y coupe les doigts.

Corinne et moi on ramassait les branches et on les jetait dans le feu. Le feu ne prenait pas, les branches trop vertes ne brûlaient que pour autant que papa versait de l’essence dessus. Tout ce dont je rêvais était réuni et j’étais étonnée de ne pas prendre autant de plaisir que je l’avais espéré. Je m’étais trop réjouie peut-être. Ou j’étais déjà trop grande. Ou c’était la lumière trop crue de ce soleil trop neuf.

J’ai demandé à papa où allait le ruisseau ? Quelle rivière il rejoignait ? Il a répondu que le ruisseau se perdait dans la forêt de la Hardt. Je ne comprenais pas. Il a expliqué, je crois, que le ruisseau s’enlisait. Alors j’ai imaginé le ruisseau déjà rivière qui rentrait tout d’un coup dans le sable et c’était une chose très étrange. Je ne sais pas comment c’est en réalité, je n’y suis encore jamais allée, mais je pense que ça doit être comme pour la source, beaucoup plus confus. On ne doit pas bien voir où ça commence à finir. Ça doit se faire progressivement, devenir de la boue, et puis plus rien.

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J’aurais voulu un ruisseau à la maison. Je rêvais qu’il vienne, il ne venait pas. L’écoulement de la gouttière était un minuscule ruisseau intermittent. Je remplissais l’arrosoir, je le vidais dans la rigole, j’arrêtais, ça s’arrêtait. Ce ruisseau j’aurais voulu qu’il me fasse rêver, il fallait que je le rêve.

Je me serais contentée d’une mare. J’ai creusé un petit trou au fond du jardin. Si l’eau tenait, je l’élargirais. L’eau était bue sitôt que versée. Ce trou n’était jamais plein.

J’aurais voulu un feu à la maison, à côté du ruisseau. Avec Corinne on a construit une cabane en carton contre le hangar de bois où Monsieur Bientz entreposait les planches de la menuiserie, et un jour de tranquillité on a essayé d’y faire du feu. Tout ce qu’on avait trouvé comme allumettes c’était un cadeau souvenir, une grande boîte sur laquelle étaient peintes des femmes dansant le flamenco où se logeaient plein de petites boîtes d'allumettes, comme des tiroirs. Craquer une allumette ce n’est pas très facile. Ces allumettes-là étaient en plastique, quand elles brûlaient elles se tordaient. Le bois qu’on avait préparé ne s’enflammait pas. Le papier brûlait trop vite. On brûlait une feuille de papier après l’autre, ça ne faisait jamais un vrai feu. Dehors la pluie tombait à torrents. Accroupies dans la fumée et l’humidité, on voyait le toit de notre cabane qui se gondolait. Nous on s’ennuyait.

J’aurais voulu une maison pour moi à la maison, avec un ruisseau devant, du feu dedans. Corinne et moi on aurait su monter les murs, poser le toit d’une petite maison, puis l’aménager et l’embellir, mais il nous manquait toujours le point de départ, les poteaux qu’on ne savait pas planter, qui auraient soutenu le toit, les murs, les étagères au mur, la vaisselle sur l’étagère. Ce qui a tout déclenché, c’est une bonne idée pour faire tenir les poteaux. Tu prends un agglo, tu mets le poteau dans un des deux trous, tu complètes avec du gravier, ça tient. Dans l’enthousiasme de la création, les idées fusaient. Dans les trous des agglos restés libres on a planté des asters. Devant la cabane on a placé deux vieilles roues de poussette qui ont joué le rôle de ces roues de charrette en bois que les gens mettent dans leur jardin pour faire rustique. C’était la touche finale.

Le soir j’ai tout raconté dans mon cahier et quand papa est rentré je lui ai fait lire mon texte. « On a fait une cabane... On a fait le toit avec des planches... On a fait un chemin devant la cabane... » « Il ne faut pas toujours dire faire, a dit papa, on peut dire tracer un chemin ! » Il faut toujours dire joliment au lieu de faire.

J’aurais voulu des aventures à la maison, de vraies aventures comme dans les livres.

Un soir en rentrant de l’église, Corinne et moi on a vu un homme qui quittait à mobylette le magasin de portes en alu « Estal Portalux ». Or le magasin était déjà fermé à cette heure tardive... C’était louche. Il n’y a pas de suite.

***

 

Corinne a reçu une tente pour son anniversaire. Les parents l’ont montée dans le jardin. Corinne et moi on a tout de suite eu envie de dormir dedans. C’était seulement dommage qu’elle soit plantée si près des parents, il aurait fallu partir seules et la planter ailleurs.

On a dépensé tout notre argent de poche pour acheter une lampe de poche.

C’était le grand soir. On a fermé sur nous la grande fermeture éclair, allumé la lampe de poche, fait les folles, éteint la lampe de poche. Comme ces matelas pneumatiques étaient rebondis. Ça sentait fort le plastique. Il faisait froid. Et noir ! Je ne voulais pas dire à Corinne que j’avais peur mais il y avait des bruits dehors. Corinne non plus n’arrivait pas à dormir. On est rentrées se coucher dans nos lits. Quelle déconfiture.

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Pendant les vacances entre le Cm1 et le Cm2 on est partis en vacances pour la première fois. Dans la liste des habits à emporter maman a marqué « robes habillées » parce qu’on allait à l’hôtel. J’imaginais le « perron » de l’hôtel au bord d’un lac, avec nous dessus habillées en robes habillées et en gilet puisqu’on allait à Gilley que nous croyions devoir prononcer « gilet », Gilley dans le Jura.

Dans le Jura les montagnes étaient plates, les tas de fumier pointus, j’étais déçue. Rien n’était comme je l’avais imaginé, l’hôtel non plus. J’ai détesté les morilles. J’ai échappé aux robes habillées.

Les sentiers glissants surplombaient des précipices, les sentiers aboutissaient à des précipices, je courais toujours devant, aspirée par les courbes irrésistibles des sentiers qui serpentaient, et les parents m’appelaient la chèvre. Près de la Roche du Prêtre d’où est tombé un prêtre, si bas qu’il a eu le temps de réciter une prière, dans un parc où le jour de notre visite se fêtait un mariage, dégringolent les innombrables ruisselets du plus beau jardin du monde, et rebondissent les cascades, et les ponts jetés d’une rive à l’autre.

Le soir du retour le soleil chez nous nous a paru poussiéreux, le jardin, poussiéreux, l’air, le monde entier, poussiéreux. Maman excédée lavait le frigidaire moisi, constatait qu’elle avait grossi, papa aussi qui parvenait à peine à fermer sa chemise dont les boutons étaient près de sauter.

Dès le lendemain, le soleil avait repris sa luminosité habituelle.